Tuesday, 3 May 2016

Un week-end à Borobudur

Lors de ma visite au Windows of the World, un monde miniature très kitsch à Shenzhen, en Chine, je suis tombée sous le charme du temple de Borobudur, modele réduit. Alors quand ma copine Sophie et son amoureux Jonathan passent en Indonésie lors de leur périple backpack en Asie du Sud Est, je leur propose qu’on s’y rejoigne.

Préambule : Excusez les photos pourries, j'ai perdu ma carte SD donc j'ai pu vous mettre que celles prises de mon portable...

Sophie, c’est ma super copine, le tiers canadien de notre trio inséparable, que j’étais allée voir chez elle à Montréal avec Pauline il y a deux ans.
Arrivée à Yogyakarta le samedi matin sous un soleil de plomb, je les rejoins à l’hôtel Griya Unika, situé dans une petite rue calme à proximité du centre-ville.
Eux sont arrivés juste quelques heures avant moi, après un voyage de 18h en bus. Nous nous posons à la piscine histoire d’échanger les derniers potins – ca fait presque un an que nous ne nous sommes pas vues. On se met ensuite en route pour  Malioboro, l’artère commerçante de Yogyakarta. Je m’attendais à une rue bordée de magasins de souvenirs, mais que nenni, c’est une rue typique indonésienne, avec ses bouchons de scooters, ses nids de poule et ses chiens érrants. Yogyakarta (prononcé djodjakarta ou djodja pour les intimes) est une ville de 500,000 habitants, connue pour son street-art et sa proximité avec Borobudur.
On s’égare dans un marche de textile, on passe devant plusieurs stands de street food, mais courageux mais pas téméraires, on échoue au Pizza Hut. Oui je sais, c’est mal.


Alors qu’un orage menace de s’abattre, on décide de rentrer à l’histoire de planifier les trois prochains jours ensemble - Sophie et Jonathan semblent partager ma passion du voyage non preparé. On envisage un tour à la journée des temples de Prambanan et Borobudur, mais la perspective de nous lever à 4 heures du mat et de passer la journée avec dix autres touristes dans un van ne nous enchante guère. Yogya est relativement proche de la plage,  mais impossible d’y trouver des hôtels à réserver en ligne. On décide alors de louer un taxi à la journée pour le lendemain, qui nous amènera à Prambanan et nous laisser à Borobudur, d’ou nous repartirons le lundi après-midi.

A 9h le lendemain, nous nous mettons en route pour le Kraton, le palais du sultan local, pour en visiter les jardins et assister à un spectacle de danse javanaise.


Nan, pas celle là, Serge.
Les danseuses sont très fluides et précises dans leurs mouvements, et ne semblent même pas souffrir du chaud contrairement à moi, malgré leur épaisse couche de fond de teint et leur imposant diadème en or.




Nous nous baladons ensuite dans les rues avoisinantes avant de retourner à la voiture, mettre le cap sur les temples de Prambanan, à une heure de route.






Moins connus que Borobudur, les temples hindous de Prambanan ont étés construits au 9eme siècle et ont bien souffert des tremblements de terre.
On remarque que certaines statues sont décapitées ; probablement pour que les tètes soient revendues à prix d’or à des antiquaires peu scrupuleux, comme c’est le cas à Angkor Wat. Ceci dit, je peux comprendre, ca aurait super bien rendu dans mon salon.









On reprend ensuite la route pour Borobudur, ou nous arriverons vers 16 heures, après que le chauffeur ait tenté de nous faire manger dans un resto aux prix exorbitants en bord de route, tenu par son oncle/cousin/neveu – rayer mention inadéquate. Notre hôtel est à deux minutes à pied du temple, et consiste en 5 ou 6 petits bungalows articulés autour d’un jardin calme - sans compter le petit Australien super excité qui court partout et croit voir en nous ses amis.  Après un gado-gado au restaurant de l’hôtel - salade indonésienne au tofu fermente, sauce cacahuète, haricots verts et riz gluant - c'est délicieux je vous promets, on part explorer. Surprise : Borobudur est minuscule et désert. Pas de bars ou de restos à moins de 5kms à la ronde selon TripAdvisor. On est tentés d’aller voir le coucher de soleil sur les temples mais il s’avère que le seul endroit ou on pourrait l’apercevoir est à partir de la terrasse d’un restaurant qui charge trente euros par personne. Merci mais non merci. Même principe pour le lever de soleil

Au final, même sans mettre de réveil, on s’est quand même réveillés aux aurores avec l’appel à la prière si fort qu’on aurait dit que l'imam était dans la chambre. On se rendort puis on se réveille quelques heures plus tard, prêts à aller affronter Borobudur et ses 33 degrés à l’ombre.





Tout comme Prambanan, le site est très propre et tout est organisé - ceci dit on en attendait pas moins avec une entrée a 60 USD. Borobudur est en fait un seul temple, carré pyramidal, qui s’élève sur 4 étages. Le sol est en pierre, encastrées les unes dans les autres comme un tetris géant. Les fondations ont été rénovées récemment et le temple ne risque ainsi pas de s’écrouler avant un nouveau millénaire. Installés dans les murs, des buddhas décapités.

Nous remontons jusqu'à la terrasse la plus en hauteur et la plus connue, celles aux cloches. Sous chaque cloche se trouve un Buddha, décapité, ou pas. On a une superbe vue sur la vallée environnante. Un groupe de collégiens indonésiens visite en même temps que nous – nous devenons la nouvelle attraction. Sérieusement, je pense qu’ils ont plus de photos de Jonathan et moi (le mec aux dreadlocks et la grand blonde, bingo) que du temple lui même.







En une heure, nous avons fait le tour du temple – nous pensions que ca prendrait la journée. La sortie nous fait passer par un marché couvert qui s’étend sur un bon kilomètre. On résiste aux colliers en plastique et aux cendrier Borobudur en résine - meme si eux aussi auraient probablement fait fureur à la maison à cote d'une tete de Buddha décapité, mais on cède quand même pour quelques sarongs marchandés avec talent par Sophie. Nos cours de négociations internationale paient !


De retour à l’hôtel, et un nasi goreng supplément sauce cacahuète plus tard, nous repartons sur Yogyakarta. En route, je demande au chauffeur de s’arrêter devant un petit magasin qui vend des paniers en bambou. Ces paniers typiques sont utilisés comme cage à poules ou poubelles en Asie du Sud Est, mais la Valérie Damidot qui sommeille en moi les imaginerait bien en table basse/panier à revues/abat-jour à la maison. Ou cage à chat quand Cookie-Valentina n’est pas sage, mais c’est une autre histoire. J’en achete un pour 1 euro, le marchand me demande si c’est pour y mettre mes pigeons. De retour a l’hôtel, on barbote dans la piscine le temps de se décider pour un resto – trop dures les vacances.

Le lendemain, réveil à 4h30 pour attraper mon vol à 7h pour atterir à Singapour à 10h30 et reprendre le travail a 13h : au taquet ! Mais à l’aéroport, ma carte bleue ne passe pas au check-in, je me vois obligée de laisser ma table basse-cage à poule derrière moi. Quand Sophie & Jonathan passeront au même guichet, quelques heures plus tard pour leur vol pour Kuala Lumpur, ils l’apercevront, abandonnée, emballée dans son film alimentaire… Il faudra que je retourne en Indonésie pour en acheter une autre…