Monday, 31 August 2015

Migrants, ours blancs et Kardashian

Que celui qui, récemment, n’a pas souhaité parti s’installer en Patagonie, loin de tout signal wifi, de la télé, d’un accès à la presse, se manifeste.

Les infos tristes, déprimantes et/ou révoltantes s’accumulent.

Je ne lis pas le journal, je ne regarde pas les infos, je me contente de mes abonnements Slate/Rue 89/Repubblica sur Facebook et de mes alertes l’Express sur mon portable. Et ça suffit a.m.p.l.e.m.e.n.t.

Entre Daech qui continue à s’étendre inexorablement, aussi bien géographiquement que dans nos esprits, entre l’annonce du massacre raté du Thalys et ceux qui disparaissent et dont on retrouve la trace entre la Turquie et la Syrie, prêts à passer la frontière, à passer du cote obscur, seuls, entre amis ou en famille même.

Entre les réfugiés qui sont prêts à tout pour échapper à leur pays, prêts à ne jamais revoir leur proches, prêts à mourir même, qui traversent les mers sur des radeaux, qui échouent sur des plages italiennes, grecques, qui marchent des milliers de kilomètres, qui s’entassent comme du bétail dans des camions. Je me rappelle la première fois que j’avais entendu parler de leurs périples, c’était en cours de civilisation italienne à la fac, il y a presque dix ans. On avait parlé de l’ile de Lampedusa ou débarquaient, à l'époque, "juste" quelques centaines de migrants africains. 

Ça m’a toujours rendue triste, ces gens qui s’endettent, qui risquent leur vie pour tenter d’en avoir une meilleure dans un pays encore inconnu, sans garantie aucune. Et savoir que nous, peinés derriere nos télés, on peut rien faire. Et qu’à coté de ça, moi, et beaucoup d’autres, on a « migré » mais par luxe, par curiosité, parce que la France n’était pas assez bien pour nous. Genre.

Sans même chercher, j’ai vu passer des images horribles de la police lybienne qui ramasse des ossements sur les plages, des gamins noyés sur les côtes grecques, des commentaires sur les articles qui se réjouissaient que ça en fasse "71 de moins chez nous !’’ quand le camion-cercueil frigorifique a été retrouvé en Autriche.

Et puis y’a aussi le réchauffement climatique, avec ses avant-après qui font froid dans le dos malgré le fait que, ça chauffe trop. Les ours blancs avec la peau sur les os, qui en viennent à se bouffer entre eux car il n'y a rien d'autre à manger, les abeilles qui ne butineront plus, les petites iles qui vont être englouties dans juste quelques décennies, alors va falloir se dépêcher d’aller dépenser notre treizième mois pour quelques jours aux Maldives, avant que ce soit rayé de la carte.

Et puis à coté des mêmes articles, d’autres sur Kim Kardashian mama sexy en bikini, sur les vernis à ongles en vogue pour la rentrée, sur Manuel Valls qui mouile la chemise, et puis une pub pour une assurance médicale pour chats. 

Ouf, tout de suite ça va mieux. 




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