Friday, 15 May 2015

Y'a comme un malaise...

Bon alors voici un article que j’aurais préféré ne pas avoir à écrire, parce que généralement quand ça m’arrive je ne suis pas vraiment pêtée de rire, mais je me rends compte que c’est absolument risible à raconter - du mal vagal sans vague à l'âme, quoi. Sans plus de cérémonie, allons-y.

NDLR : Attention âmes sensibles, on va parler de pipi, sang, règles, toilettes, bave, nudité.  Vous êtes prévenus.

Depuis toute petite, je fais assez régulièrement des malaises vagaux. Pas ceux pendant lesquels je me sens pas très bien, j’ai la tête qui tourne et il me faudrait un petit sucre, non – enfin, aussi, mais pas que.


Non, moi je me spécialise dans les malaises bien fat, les évanouissements, les tombées dans les pommes, les pertes de connaissances dont tu te réveilles soit  grâce à un proche qui te fout des claques, soit toute seule, le nez dans la culotte – je reviendrai la dessus.

En 20 ans ++, j’ai eu le temps d’identifier les  situations à risques, assez simples :

- Perte de sang (gnognottes, ou prise de sang)
- Vue de trop de sang/gore
- Vaccins
- Douleurs aigues (dont maux de ventre)
- Règles
- Trop chaud
- Trop froid
- Passage soudain du froid au chaud
- Faim
- Fatigue
- Confinement
- Grosses émotions (stress, disputes…)

Easy.

Ça commence par la tête qui tourne, les sons qui se brouillent et font place à un sifflement sonore, la vision qui se floute, des « fourmis » dans la tête, et puis plus rien. Et une heure après le «réveil », tout va bien.

Best of.

Tout a commencé quand j’étais encore choupette, 7 ou 8 ans je pense. Peut-être même avant mais je n’en ai pas souvenir. Mon petit frère s’était ouvert l’arcade sourcilière contre un radiateur. On l’a amené en famille chez le médecin, et là, voir l’aiguille rentrer et sortir dans son sourcil, s’en était trop. Tête qui tourne, sifflement aigu et vision qui se brouille, et je me suis réveillée dehors, dans le jardin, dans les bras de ma maman – pendant que petit frère était toujours en train de se faire recoudre. Et voilà ma carrière de veto brisée dans l’œuf.

Un peu plus tard, chez le même médecin, un vaccin BCG, et rebelote.

Un peu plus tard, en cinquième, en voyage sur le marché de Noel d’Aix la Chapelle avec ma classe d’allemand, rebelote.

On se décide à me faire faire une prise de sang pour voir ce qui peut clocher : le médecin vient à la maison car en plus d’être une petite nature, je suis aussi belenophobe, et c’est systématique, prise de sang = pleurs et crise de panique.

(Oui, même à 28 ans. Dernière prise de sang en date, c’était pour avoir mon visa à Singapour. J’ai stresse toute la semaine avant le rendez-vous, acheté une crème paralysante. Limite j’aurais proposé à ma mère de lui offrir un billet d’avion pour qu’elle vienne me tenir la main. Ou donner un pot-de-vin l’infirmière pour utiliser le sang de quelqu’un d’autre - sans MST si possible.  Au final j’y suis allée seule comme une grande, et ai dû expliquer à l’infirmière que j’étais phobique en pleurnichant. 28 ans, quoi.)

Bref, a 15 ans, prise de sang pour tenter d’expliquer ces évanouissements, et ça ne rate pas : je m’évanouis pendant la prise de sang. Pas bête, le médecin profite de mon « absence » pour  rapidement me vider de mes globules. Je me réveille sous ses claques énergiques et au son du rire (nerveux, je crois) de ma mère.

Et au final, les analyses sont revenues nickel. Allez comprendre.

Un peu plus tard, j’ai 16 ans, je suis dans un avion direction le Canada avec d’autres ados, on part en échange de trois mois en Ontario. Stress + confinement + gnognottes, le combo gagnant ! Je m’évanouis sur mon siège. Je me réveille plus tard, quelques secondes ou une après, aucune idée, mais mon plateau repas est froid. Je me suis bavée dessus, complètement affalée sur mon accoudoir, mais personne ne s’est rendu compte de rien, J’AURAIS PU ETRE MORTE C’AURAIT ETE PAREIL.

Un peu plus tard, je suis en première année de fac, la rentrée était il y à peine trois semaines. Je  suis en cours de socio, que j’adore, quand ma vision se brouille, bla bla bla, bref, je me réveille 10 minutes plus tard, par terre, avec 20 personnes autour de moi. LA HONTE. La prof qui me demande si je suis anorexique. Une copine – que je connais depuis 3 semaines donc -se propose gentiment de me ramener chez moi en voiture. C’est là que je me rends compte, bien installée dans sa voiture, que pendant ma perte de connaissance… j’ai perdu le contrôle de ma vessie. Mon jean est mouillé, son siège de voiture est mouillé.  "C’est pas grave", qu’elle me dit, "j’ai l’habitude avec mon chien".  LA MORTIFICATION. N’empêche qu’on est restées copines…

 Deuxième année de fac, je vais me faire percer le tragus à Amiens. Je préviens le perceur que je suis un peu sensible et que je risque de tomber dans les pommes. "Pas de soucis", me dit-il. Ok. Je m'allonge sur la chaise - de torture.  Au moment où l'aiguille traverse le cartilage, je me sens partir. Réveil quelques minutes plus tard, je n'ai plus mes chaussures aux pieds - en t'évanouissant, tu les as kickees, m'explique ma pote en me les montrant a l'autre bout de la pièce.

 Troisième année de fac, une copine dort chez moi. Dans la nuit je me sens pas très bien, je vais au toilettes, boum, je m’évanouis. Je me réveille quelques secondes? minutes? heures? plus tard. En m'évanouissant je me suis complétement   affaissée en avant donc, concrètement, quand je me réveille, j'ai le nez dans ma culotte. Je regagne mon lit tant bien que mal, je constate que ma pote dort à poings fermés.

 Cinquième (et dernière) année de fac, je suis à Rennes, et mon copain de l'époque me rend visite pour le week-end. La veille, on s'était bien pris la tête - au point qu'il comptait rentrer à Nancy en train le soir même, donc je l'ai suivi tout le chemin en pleurnichant pour essayer de le faire changer d'avis. Les feux de l'amour, bonjour. Alors que je suis en train de nettoyer le piercing susmentionné, je sens que je vais "partir". A peine le temps d'appeler mon copain au secours que je suis déjà par terre. Je me réveille quelques minutes plus tard, la tête à quelques centimètres du rebord de la douche. Un mec est penché au-dessus de moi, il me faut quelques secondes pour me rendre compte que c'est mon bien-aimé. Dans ma chute, mon tee-shirt s'est agrippe a un tuyau, ce qu'il l'a arraché sur quelques centimètres, et m'a écorchée  pareillement. Un tee-shirt tout neuf, merde. Et une égratignure sur le bras en angle droit toute neuve, aussi.

 Les années suivantes, pas d'évanouissement “notable", jusqu'au mois dernier. Dans la nuit, les Anglais débarquent (genre un à la maison ca suffit pas). Gros mal de ventre intense, ou je me dis que merde j'aurais préfère être un mec,  c'est quand la ménopause ?? Je vais aux toilettes car cette période du mois à ses effets sur notre système reproductif mais aussi gastrique – glamour always. "Tu fous quoi?" demande Alistair, la tête dans le pate (végétarien). "Rien, JE SOUFFRE !!!" - il s'est déjà rendormi.

 Assise sur mon trône, me vidant de mon sang, je sens le malaise qui va arriver.  "Alistair", je dis d'une voix faible. Et plus rien.

 Je me réveille quelque minutes plus tard, dans le noir, sur le carrelage, et l’habituel filet de bave a la bouche. On me parle mais je ne suis pas encore en état de répondre. Dans mon champ de vision, le tapis, le panier à linge sale, une touffe de cheveux qui traine au gré du vent climatisé, Alistair et son air inquiet, et Cookie assise sur le rebord de la baignoire, qui observe la scène avec attention.

Première pensée : Je suis ou ?
Deux : Chiotte, je suis encore tombée des toilettes
Trois : Merde, je suis encore cul nul (remontage de culotte)


Pendant ce temps, Alistair se demande quoi faire : est-ce que je veux boire ? Non. Est ce qu'il doit appeler les urgences ? Non. Est-ce que je veux manger ? Non. Là je veux juste rester là, me rendormir, par terre, sur mon carrelage, comme une malheureuse.

J'ai un truc bizarre dans la bouche, comme du sable. Oh purée. je connais cette sensation. C'EST PAS DU SABLE. C'EST DES BOUTS DE DENTS. Je suis tombée la tête la première et je me suis casse la dent. Je fonds en larmes quand je m'en rends compte.

J'ai un business trip la semaine prochaine, impossible que le big boss marketing me voit avec un chicot en moins ?!! Et ça va me couter combien cette histoire, hello on vient de payer 3 MOIS DE CAUTION pour ce nouvel appart ?

Alistair essaie de me consoler comme il peut, en vain. Et je viens de remarquer, alors que je suis en train de pleurer en examinant ce qu'il reste de ma dent dans le miroir, que je commence à avoir hématome a la base du nez. Donc j'ai fait un vrai beau face plant, au top. Une dent cassée et peut-être le nez tant qu'on y est.

Je retourne me coucher. Une fois au boulot le lendemain, je passe la journée avec une écharpe devant la bouche histoire de cacher les dégâts, Mon nez peut-être cassé passe inaperçu, on dirait juste un gros bouton qui pousse.

Mon collègue me demande ce qu'il s'est passé, je lui raconte. Les règles, les toilettes, l'évanouissement sur les dits toilettes, le bout de dent en moins, les Singapouriens se disent tout. Il me recommande de manger du foie de porc cru, c'est ce que sa femme fait quand elle a ses règles. Merci, je ne mange pas de viande. « Ah, bah c'est pour ça alors! »

Le médecin s'exclame "Alamaaaaak" ("mais quelle histoire, ndlr) quand je lui raconte, et va jusqu’à se faire un « facepalm ». Et me recommande un collègue a elle spécialisé dans la médecine « new age ». Surement pour aligner mes planètes.

Et en rentrant à la maison, le nez enflé et la dent en moins, Alistair me dit : « J'ai quelque chose à te dire. Je ne crois pas que tu te sois faite mal au nez en tombant. Je crois que... Tu vois, la porte était fermée et t'étais allongée de tout ton long devant. Alors, en la forçant pour entrer te sauver… je l'ai surement enfoncée un peu dans ta tête... Pardon... »

... Non mais, franchement. Vous imaginez la scène ?

Bref. En attendant la prochaine !

10 comments:

  1. J'ai pas pu m'en empêcher à la fin... j'ai ri! Ah les mecs, quels boulets!! J'espère que ça va s'arranger rapidement et que t'auras pas à dépenser une blinde en dentiste :(
    Quelles histoires... je compatis :(

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    1. Haha j'admets que ca doit deconcerter ! FInalement le dentiste super cheap et tres sympa !! :)

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  2. Pardon j'avoue j'ai rigolé.
    Ça m'ait déjà arrivé, je crois que la technique, quand tu te vois partir c'est de s'allonger et de relever les jambes (si tu as le temps ?)
    Tu devrais exploiter ce talent d'écriture, c'est vraiment top :)

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    1. Pas le temps helas :( j'ai juste eu le temps de me caler contre mon dossier de toilettes (ce qui a servi a rien vu que je suis quand meme tombee la tete la premiere ! ha!)

      Merci pour le gentil compliment :)

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  3. Woaw, au final, je suis contente avec mes "petits" malaises... Perso, je sais pas si t'aurai encore été ma pote avec le pipi dans la voiture !
    Je rigole !
    T'es marrante comme fille quand même ^^

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    1. Haha j'avoue que je l'ai bien choisie cette pote la :)

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  4. Mais quelle histoire de fou !! Les hommes si délicats !!
    Tu m'as bien fait rire !
    Schuldi

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  5. Dis à Alistair de ne surtout PAS T'AIDER la prochaine fois...je le voyais plus délicat...
    Je confirme , le rire était à l'époque nerveux... mais pas en te lisant cette fois ci..;
    Tu en as oublié beaucoup, dont la fois ou en CP tu avais fait sangloter et hurler toute ta classe , qui te croyait morte ,et fait paniqué ta maîtresse (à deux mois de la retraite) lorsque tu t'es évanouie lors du contrôle collectif de cutie BCG
    Je croyais que ça ne t'arrivais plus..donc puisque tu n'as rien à perdre , il te reste à essayer de faire "aligner tes planetes"
    Bises à toi et Alistair (quand même)
    Maman

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  6. Ohlala mais j'ai tout pareil moi ;)
    Mince on n'a jamais eu l'occasion de s'évanouir ensemble ca aurait pu être sympa d'être deux au réveil!

    Je l'ai fait assez souvent aux Ladies Night ou aux courses donc ensuite plus de Wan Chai et de courses, trop chaud, trop de monde, trop de je-sais-pas-quoi-qui-te-declenche-le-malaise-automatiquement... et je croyais que j'etais seule au monde
    Je compatis, je me suis aussi casser les deux dents de devant pour cause de malaise a la piscine a l'adolescence... :(

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Moi, les commentaires, j'adooore !