Friday, 17 April 2015

Apercu indien

« Hé, ma collègue Vidhya va se marier »
« Ah, cool !… »
« En Inde »
« Et… ? »
« On est invités »

Bon, alors un séjour en Inde ne faisait clairement pas partie de nos plans en 2015. En 2015, on s’était dit, on économise. On fait « juste » Krabi-Birmanie-Hong Kong. Mais bon, apparemment, un mariage indien c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie, les vols étaient cheap et la mariée est adorable.

Alors c’est parti pour Chennai. Tout le monde m’a dit que Chennai était une destination « facile » en Inde, dans une province relativement riche, on n’est pas autant confrontes a la pauvreté qu’on aurait pu l’être à Delhi ou Bombay, et c’est plus safe. Il me semble avoir lu que l’Inde est le pays ou le choc culturel est le plus violent, d’ailleurs tous les ans, des dizaines de touristes occidentaux subissent le « syndrome indien ». NLDR : Il y a aussi apparemment un syndrome parisien.

…Mes 2 collègues indiens m’ont aussi dit que ce n’était pas la ville la plus intéressante qu’il soit, et que les mariages sud-indiens étaient « boring ». Allo, y’a même pas d’éléphants quoi !

Peu importe, on se dit que dans tous les cas, pour nous qui n’avons encore jamais posé les pieds la bas, c’était l’occasion parfaite. Nous partons à 4 : Alistair, sa collègue malaysienne Yen Ching et son collègue mauricien Kevin, et moi.

Chennai se trouve sur la côte Est-indienne. C’est la capitale de la région du Tamil Nadu, et la 5eme plus grande ville d’Inde – à peine 4.5 millions d’habitants. A 3 heures de route de Chennai se trouve Pondichéry, qui vous rappellera peut-être vos cours d’histoire ; elle est connue pour avoir été colonisée par la France pendant près de trois siècles.

Et donc, on embarque pour Chennai pour 3 jours – ah, l’Asie et ses 15 jours de vacances annuels… Je ne me suis pas occupée du tout du programme, deux des amis indiens d’Alistair venant de région s’en sont occupés.

Vendredi soir, arrivée à Chennai après 3h de vol dans lequel il semblerait que nous soyons les seuls touristes. Première impression : il fait chaud et humide. Ah, l’Asie…



Nous ne voyons pas grand-chose de a ville car il fait déjà nuit. Le lendemain, réveil à 7h pour aller visiter Pondichéry, et en route, les temples de Mahäbalipuram. J’aurais voulu y aller en bus mais cela nous a été déconseillé – lent et un peu dangereux- donc on y est allés en voiture entre touristes, notre ami-guide indien nous réceptionnant à Pondichéry. N’ayant fait aucune recherche de notre cote et avec ma loose voyageuse légendaire, je pense que nous avons raté la plupart des temples taillés dans la roche a Mahäbalipuram. Mais on a vu la Boule de Beurre de Krishna, et rien que le nom, ça valait le détour.












Pour aller à Pondichéry, on longe la East Coast Road, une route près de la mer. Au bord de la route, on croise des vaches, des dames en sari qui partent travailler, avec des seaux en métal sur la tête, des familles entières sur des scooters, des marchands de légumes/boissons, des bus pleins.




4h plus tard et un pot de vin a la douane touristique plus tard, on arrive à Pondichéry, ou l’on rejoint Karhti, un copain d’Alistair originaire de la région.. On commence par un resto en bord de mer, puis on se dirige vers Auroville. Un village fondé par une française en 1968, un village qui se veut universel, ou tous ses habitants pourraient vivre en paix, quelque soit leur nationalité, age, etc.
Au milieu d’un jardin s’élève le Matrimandir, un symbole de la réponse divine a l’Homme cherchant la perfection.
… Perchés, vous avez dit ? 



Photo de Yen Ching





Apres cette expérience spirituelle, nous retournons sur Pondichéry, nous balader dans le quartier français. Les rues sont pavées, joliment entretenues, calmes, presque vides. On visite le musée de Pondichéry, puis Karthi nous amène sur le front de mer ou Alistair commence à avoir un succès fou « Prince William, Prince William » ! On nous prend en photos sous toutes les coutures, on pose avec des écoliers en classe de mer, bref, nous sommes célébres – surtout Alistair. La plage est immense, et elle est aménagée avec une promenade qui court tout le long. Malgré les 35 degrés, personne ne se baigne – pudeur oblige. Des enfants vendent des masques d’animaux en mousse, des autocollants Dora, du produit pour faire des bulles. Il y a des chiens partout.


On repart en ville pour un peu de shopping – bijou de tête pour le mariage, fond de robe pour le sari – sinon ça te rentre dans les fesses apparement - Yen Ching se fait dessiner au henné sur les bras…
On doit être en plein centre-ville –c’est clairement moins calme que la vieille ville française. Des scooters partout, des klaxons, des chiens errants, des fils électriques à 2 cm du sol… un joyeux bordel.

Nous retournons sur le front de mer, un peu plus calme. On regarde le soleil se coucher, on visite en église française, on passe dans un petit marché un peu plus loin ou on goute aux paneer pudi, des petites boules de pate soufflées que le vendeur perce et qu’il remplit ensuite de choix, oignons, poivrons et d’une sauce piquante. A gober d’un coup sinon on s’en met partout.

Ce n’est que l’apéritif, car Karthi nous emmène ensuite dans un resto dont la terrasse a une super vue sur la mer. On laisse Karthi et son pote commander pour tout le monde et on profite.


























Parenthèse bouffe : Malgré mes craintes – je suis un peu phobique de l’intoxication alimentaire après en avoir vécu un peu trop souvent à Hong Kong – nous n’avons pas été malade une seule fois. On a même pas eu besoin d’entamer nos boites d’Immodium – youhou ! Par contre bien sûr, j’ai été super méfiante au niveau de l’eau courante, limite à me coller des pansements sur la bouche pendant la douche pour être sure de n’avaler aucune goutte, refuser tous les glaçons, et si on me donnait un verre encore mouillé de la vaisselle au resto je l’épongeais consciencieusement avec une lingette désinfectante… Je ne suis pas folle vous savez ?


Vers minuit, il est l’heure de rentrer sur Chennai. On passe devant un affreux accident, deux bus se sont rentrés dedans et l’avant d’un des deux est tout enfonce sur 3 rangées de sièges, des ambulances sont là et on en entend d’autres arriver. 



On arrive à l’hôtel en pleine nuit.

Le lendemain matin, un collègue d’Alistair, Vijay, prend le relais en tant que guide touristique. Nous passerons la plupart de notre journée à faire du shopping –Yen Ching cherche une « blouse », le petit « crop top » qui se glisse sous le sari, et les garcons cherchent un mundu, la « jupe » traditionnelle. On va dans des magasins spécialisés dans les saris, ou toutes les couleurs, tous les tissus imaginables, sont presents. Et on mange de la street food partout – j’ai dû prendre un kilo par jour. On visite deux temples hindous. Puis Vijay nous amène sur le front de mer. C’est la plage la plus large d’Asie, elle s’étend sur des kilomètres – en long et en large. Il y a des stands qui vendent de l’eau, des paneer pudi, des ceintures, du tir à la carabine, de fruits de mer, de jus de canne à sucre, et plus loin dans le sable, des manèges, des diseurs de bonne aventure, et même des gens qui vendent de l’eau souterraine – ils ont creusé sous le sable sur plusieurs mètres et puisent l’eau recueillie.

Nous rentrons tôt car le mariage le lendemain commence à 6h du matin !



















Le lendemain a 5h30, pas très fraiches, Yen Ching et moi partons les premières au mariage ou les tantes de la mariée nous aiderons avec notre sari – c’est vraiment pas aussi simple que ça en a l’air. Je me rends compte que le sari que j’ai acheté à Singapour (trop impatiente, je reconnais que j’aurais dû attendre d’être à Chennai pour avoir mille fois plus de choix et payer 75% moins cher, MAIS BON) est plutôt de style nord-indien : j’ai des cristaux partout – je brille de mille feux, mais j’en sème une dizaine à chaque pas – transparent et rouge. Les saris que portent les Chennaiennes sont plutôt en soie, dans des couleurs roses, dore, vert pomme. Ça n’a pas l’air de perturber mes « habilleuses » plus que ça, qui répètent que nous sommes magnifiques.

Je ressors de la petite pièce UNE HEURE PLUS TARD, emballée dans mon sari, des fleurs dans les cheveux, mon bindi sur le front, mes bracelets dorés qui font bling bling à chaque mouvement.

La cérémonie a déjà commencé : il est impératif que ce soit pendant le lever du soleil : nouvelle journée, nouvelle vie, tout ça. Les maries et leur famille proche sont sur scène : ils se font offrir des cadeaux, lancer du riz, lavent les pieds de leur parents, manquent de mourir d’asphyxie à cause de l’encens. La mariée est ravissante mais elle ne doit pas être très à l’aise : elle a des extensions capillaires qui lui descendent jusqu’aux genoux et qui semblent peser une tonne.

Une demie heure plus tard, la cérémonie se finit, on passe à table pour le petit déjeuner. C’est un système très organisé : dans une salle sont installés une dizaine de table longues pour 20 invites. On s’assoit, ils déroulent une nappe en papier, déposent des feuilles de bananier devant nous, et un par un, les serveurs nous posent un petit tas de curry, du riz, un biscuit, une bouteille d’eau. Pas de couverts : ici, on mange avec la main droite, la gauche on la laisse sous la table. 

Ce qui surprend au début, mais on s'y fait très vite – franchement, pourquoi s’embêter avec des couverts en fait ?

Apres le petit dej, eh bien c'est fini. Le mariage est en suspens (la mariée rentre se coucher à ce qu'il parait), la cérémonie reprend au coucher du soleil.

On s'apprête à partir faire une sieste nous aussi mais une dame nous demande si c'est possible de prendre une photo avec nous. Et puis une autre. Et une autre. Et puis on nous case des enfants dans les bras. Le total look.










Une heure plus tard, on peut retourner se coucher. On repart à midi, en pleine forme. On a 5 heures avant de retourner au mariage. Nous décidons de retourner à la plage ou nous étions la veille au soir, ou nous avions repéré des bâtiments sympa. 

Pour ce faire, on prend le métro, qui est en fait aérien. Un lundi à midi, il n’est pas plein mais, comme dans les films, on roule les portes grandes ouvertes. Nous partons faire un tour a la belle University of Madras, qui a été créée il y a quasiment 200 ans.




























Un resto et un peu de shopping plus tard, il est temps de retourner au mariage pour la deuxième partie de la cérémonie, beaucoup plus courte. J'ai retire mon sari, vu que je suis incapable de le remettre bien toute seule et qu'on partira directement prendre l'avion ensuite. Le diner est servi de la même façon que le petit dej - et toujours aussi délicieux.


A 20h, il est temps de repartir pour l’aéroport. Karthi nous commande un taxi et nous « escorte » en moto pour s’assurer que nous nous rendrons bien à l’aéroport sans soucis. Notre avion est à 23h, avec une arrivée à Singapour a 6am heure locale –une douche a la maison et on repart au boulot.

Complètement HS mais qu’est-ce que ça en valait la peine ! Notre visa (qui a couté une petite fortune) est valable encore pendant 6 mois, on aimerait bien tenter New Delhi et le Taj Mahal mais il semblerait que j’ai déjà utilisé tous mes jours de congés pour 2015…

7 comments:

  1. C'est bien, n'écrit pas trop souvent, j'adore te lire :D
    Bon, je crois que l'Inde ne me tentera jamais, même si tes photos sont super belles... J'ai vraiment trop peur du choc.
    Le sari te va super bien !
    Bisous bisous

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  2. Que tu es belle en Sari, ça a du être une chouette courte aventure !
    Ah oui les 15 jours de congés maximum, heureusement ici il y a beaucoup beaucoup de jours fériés ;)
    A bientôt, j'essaye de venir :)

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  3. waahoooo trop belle en sari! Et quel programme en 3 jours! Mais je suppose que quand on a que 3 jours de vacances annuels, faut rentabiliser un max...

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  4. Merci pour le partage! Les photos sont magnifiques!

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  5. Hello,

    je t'ai nommé pour un 'Liebster award', une récompense attribué entre blogueurs pour se faire connaître et récompenser des blogs qu'on apprécie ! Je t'invite à lire l'article pour en savoir plus et à jouer le jeu si tu as le temps et l'envie :
    http://uneautreasie.com/jai-recu-un-liebster-award

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  6. Les photos sont tellement magnifiques
    Merci pour ce beau moment à travers ton article <3
    http://mademoisellevi.com/becool/

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Moi, les commentaires, j'adooore !