Thursday, 10 December 2015

L'hiver ne me manque (presque) pas.

Alors qu’il fait actuellement cinq degrés à Paris – du moins c’est ce que me dit Internet - il en fait 30 à Singapour, comme tous les jours.

Ne m’enviez pas tout de suite – 30 degrés certes, mais c’est une chaleur humide, du genre qui vous fait vous liquéfier au bout de dix minutes de marche, qui fait moisir vos sandales et pousser vos poils – la chaleur tropicale, c’est pas tous les jours de tout repos, je vous l’avais déjà raconté ici.

Mais finalement, je préfère ca au froid.


Déjà, depuis toute petite, j’avais horreur de ce jour ou ma mère déclarait : allez, on change de garde-robe! C’était le passage officiel de l’été à l’hiver. On vidait nos placards des débardeurs Mickey et sandalettes, et on les remplaçait par les gros pulls en laine qui grattaient et autres bottes fourrées.

(Même si, ceci dit, ma maman et ma grand-mère me tricotaient des pulls de dingue, qui rendaient toujours mes copines jalouses, avec des chats en paillettes, des filles avec des tresses en 3D, etc. Du grand art)

Mais par dessus les pulls à paillettes (ou pas), se rajoutent les manteaux qui nous donnent l’impression d’avoir pris dix kilos, les grosses chaussettes de ski, les gants dont on perd toujours la petite sœur, les sous-pulls, les collants, les bonnets. Bref, le froid nous fait nous transformer en sexy bibendum.

Le froid, c’est donc compter 10 minutes pour s’habiller, dix minutes pour se déshabiller.

C’est faire son shopping le manteau à la main parce qu’il fait trop chaud à l’intérieur mais trop froid dehors.

C’est mouiller son pull quand on se lave les mains, ne pas réussir à le sécher et avoir les avant-bras qui grattent toute la journée.

C’est avoir l’air con avec ses lunettes qui s’embuent dès qu’on entre quelque part.

C'est partir de chez soi alors qu'il fait encore nuit, et rentrer... et il fait deja nuit. #depression.

C’est ne pas oser sortir de sa douche car on craint le choc climatique dès l’arrêt du jet d’eau brulante.

C’est mourir de froid dans sa voiture en attendant que le chauffage fasse effet.

C’est d’ailleurs se lever 15 minutes plus tôt pour s’attraper des crampes aux bras à essayer de dégivrer son pare-brise, et puis finalement avoir sa voiture qui refuse de démarrer.

C’est prendre 3 kilos en 3 mois car on perd toute notion d’appétit raisonnable, les instincts primaires revenant au galop - faut faire du gras pour résister au froid !!

L’hiver, c’est avoir l’impression qu’on va devoir se faire amputer des doigts de pieds car on ne les sent plus après une demie heure de marche.

C’est aussi risquer sa vie (au moins) à chaque fois que l’on pose notre paire de bottes fourrées sur ne serait-ce qu’un centimètre de verglas.


C’est enchainer rhumes, grippes, otites et angines, et avec un peu de chance on peut même se chopper un Super Combo Gastro.

C'est risquer l'infarctus à la vue de sa facture de chauffage.

C'est craindre d'avoir à relever ne serait-ce que de deux centimetres son pantalon,  ou d'avoir son collant qui file, sous peine d'exposer la foret amazonienne s'étant délocalisée sur nos jambes - bah quoi, l'hiver c'est la jachère !*

C'est devoir supporter les chants de Noel H24, ou que l'on soit. 

C’est voir ses trains/RER/avions annulés a cause de deux centimètres de neige ou d’un peu trop de brouillard. Les Canadiens doivent bien rigoler de nous voir paniquer au moindre flocon.

C’est devoir se plier aux diktats de la mode et ne jurer que par du burgundi, du taupe, du souris, du noir, bref, des teintes cafardeuses, alors que nos débardeurs néons se morfondent au placard.

Bref, l’hiver n’a jamais été ma saison préférée et, finalement, je suis bien contente d’être en été 365 jours par an. Même si ca me fait dépenser des fortunes en clim, crèmes matifiantes et séances d'esthéticienne.

Mais... je dois le reconnaître : l’hiver, ca veut aussi dire Noel. Qui veut dire réunions de famille en France, autour de fondues, tartiflettes, raclettes, chocolats – du gras contre le froid !! des calories contre l’hypothermie !!


Bref – des réunions familiales, donc. Ce qui n’arrive pas souvent dans chez moi, éloignements obligent. Et ca, ca vaut bien un petit choc climato-calorifique une fois par an.

*Rassurez-moi, je ne suis pas la seule ?

Thursday, 3 December 2015

Comment réussir une expatriation (ou du moins, ne pas trop la foirer) ?

Le 22 Avril 2010, je quittais ma campagne natale, avec un Master en Marketing, 1 an d’expérience professionnelle et 3000 euros en poche, pour tenter ma chance à Hong Kong.

J’ai dit a ma mère : je serai de retour dans un an !
Quasiment six ans et trois pays plus tard… Papa et Maman m’attendent toujours.



Donc c’est que, grosso modo, ca se passe plutôt pas mal pour moi, loin de la France. Et que en 6 ans, j’ai pu avoir un aperçu de ce qui semble marcher en termes d’expatriation. Ou pas, en fait.
Le premier truc que j’ai retenu : ON NE CLAQUE PAS TOUT.

Alors c’est clair, que le premier qui ne se soit jamais dit « Purée, tout me soule, je me prends un billet aller simple pour Tahiti et JAMAIS je reviens » leve la main. Sur le principe, ca vend du rêve, mais soyons réalistes un instant :
Votre boîte peut l’avoir mauvaise si vous vous cassez du jour au lendemain. Le « Ciao les losers, moi j’me casse au Brésil », on évitera, donc.
Malheureusement, aucun pays ne vous laissera vivre ad vitam aeternam chez eux sans contrepartie. Ou alors, ca s’appelle un pot-de-vin.
Même au fin fond de la Thaïlande, un bungalow ça a un coût.
Même au fin fond de l’Alaska, on vous retrouvera pour des impayés.

Alors, avant de partir, on va (essayer de) faire tout bien comme il faut.

Destination
Idéalement, dans quelle région du monde on voudrait habiter ?
Le monde est grand, il y a de quoi choisir. A moins que vous ne sortiez d’une grotte ou que vous ne vous croyiez investi d’une mission spirituelle vous exigeant de tout faire péter, la liste des pays à éviter est assez claire en ce moment. Mais sinon, chacun trouve midi à sa porte, hein.
Réveillez le politologue et l’économiste qui sommeillent en vous et prospectez. Quels sont les pays aux taux de chômage les plus faibles ? Quels sont les pays où il fait bon vivre ? Quel est le taux de criminalité ? Et selon vos goûts de luxe - ou pas, quels sont les pays au salaire médian les plus élevés ? Indice : Pas très loin de la France. Quels sont les pays les plus flexibles en termes de visas ? Indice : Pas les US. Quels sont les pays dans lesquels on peut être payés à rien faire ? Indice : aucun.
Idéalement, il faut faire du repérage dans la ville, pour éviter les déceptions des l’arrivée – Comment ca il n’y a pas de McDo au Vietnam ?? Je repars tout de suite !!! 
Enfin je dis ca, je ne l’ai jamais fait… 

Comment ça, ils parlent Chinois à Hong-Kong ?!!
Comment ça, il neige en Nouvelle-Zélande ?!
Comment ça, t’as pas le droit aux chewing-gums a Singapour ?!


Préparation

  • Les sous
Je suis loin d’être une experte financière – dois-je mentionner mon 1/20 en partiel de Finance en Master 2 ? Probably not. - mais bon, faites vos calculs. 3000 euros ne dureront pas aussi longtemps à Londres qu’ils dureraient au Vietnam par exemple, à moins que vous n’ayez déjà des goûts de vieux expats nantis.
  • Le boulot
Pour la faire short, 2 options : on a un taff avant de partir, ou on en a pas.
Si on tient absolument à avoir un boulot avant de partir, c’est simple : on part pas avant d’en avoir un. Mais objectivement, si comme moi vous bossez dans un secteur « passe-partout », il y a de fortes chances que ce soit plus simple d’en trouver une fois sur place. Dans les deux cas, on écume les sites de recherche d’emploi locaux et on voit ce qui ressort, on épluche notre liste Facebook, on effeuille Linkedin, on checke les sites des Ministères de l’Immigration, etc.
Si on trouve avant : bien joué !

Sinon… Êtes-vous vraiment prêts à partir sans rien ? En avez-vous les couilles ? Les ovaires ? Ou, dans mon cas : êtes-vous assez inconscients ? Mais, de manière générale, si nos parents ne nous en empêchent pas, c’est que ce n’est pas une si mauvaise idée ?

Administration

Tout comme des toilettes publiques, on laisse l’endroit aussi propre qu’on aimerait le (re)trouver. On résilie TOUT. Abonnement téléphone, Glamour, assurance voiture, etc. Assurez-vous de laisser assez sur votre compte en banque, au cas ou vous oubliez d’annuler un prélèvement, qui donneraient lieu à des découverts, qui entraîneraient la fermeture de votre compte, qui vous amènerait à appeler votre mère en catastrophe pour qu’elle vous évite un fichage à la Banque de France. True story.

On prévient aussi la Sécu, ses caisses de retraites, les impôts blabla, et on voit quelles options elle propose dans ce cas. C’est chiant, hein. Ma phobie administrative – Mr Thevenoud, sachez que moi, je vous comprends – fait que je panique grave à l’idée de remettre tout ca en place si jamais je rentre. Saviez vous que 42% des Français redoutent leur retour dans la Mère Patrie rien que pour cela ?

Et sinon, bien qu’un peu moyenâgeuse, la Sécurité Sociale c’est quand même génial – on s’en rend compte quand on n’en a plus et qu’un scanner du doigt de pied coûte un SMIC. Alors on couvre son derrière, on investit dans une belle assurance expatriation. Je suis en train de renouveler la mienne personnellement, et je crois bien l'avoir trouvée chez Mondassur, qui me semble être la meilleure en terme de rapport qualité-prix.

Sur place

Ca y est, vous avez choisi votre destination, vous avez pris vos billets, vous avez fait vos adieux déchirants – ou pas, vous avez promis d’envoyer des cartes postales – ou pas, et vous êtes partis. Félicitations !!
Vous avez déjà trouvé un appart - de manière générale, pour cela, il vaut mieux attendre une fois sur place, vous prenez vos marques.
Si vous avez choisi l’option « je trouve un job sur place », il va simplement falloir redoubler d’efforts. Contacter les chambres de commerce, bombarder les entreprises françaises de CV, fréquenter assidument toutes les soirées networking… et puis se prendre un nombre de vents phénoménal, se demander quelle connerie on a fait là, pleurer au téléphone avec sa maman, supplier son ex-boss de nous reprendre (mais je crois qu’il a pas trop apprécié le « ciao les losers »). Ca fait partie du jeu.

Et puis un jour, tout finit par s’arranger. Vous finissez par trouver un boulot, un appart un peu mieux que les 37 cagibis qu’on vous avait fait visiter jusque-là, vous rencontrez des gens avec qui vous vous entendez vraiment.
Et puis quelques mois plus tard, on vous demande si vous comptez rentrer en France vu que votre ultimatum des 12 mois se rapproche, et là, vous vous rendez compte que vous êtes pas mal, là, loin.

Tuesday, 24 November 2015

Une semaine loin de Paris


Le Samedi 14 Novembre, je rentrais à Singapour après une dure semaine. La veille au soir, juste une heure après que nous déposions ma petite soeur chez elle dans le 9éme, les attaques commençaient. Les alertes l'Express reçues sur mon portable juste avant de me coucher ne m'avaient pas du tout affolée- j'ai pensé "fuite de gaz" lorsque j'ai reçu "explosion aux abords du SDF" et "règlements de compte" lorsque j'ai reçu "Fusillades en cours a Paris". 

Naiveté.

Le lendemain, en préparant ma valise, j'ai compris que c'était bien pire que ca.

A l'aéroport, ambiance tendue et encore plus la pagaille que d'habitude. Les contrôles sont renforcés, les queues à l'enregistrement s’étalent sur un bon kilomètre et je manque de rater mon avion.

17h et des milliers de kilomètres plus tard, toujours ce sentiment de se réveiller après un cauchemar. Mes amis français ressentent la même chose : incompréhension, colère, peur, sentiment de culpabilité de ne pas être sur place. De notre vie singapourienne aseptisée, avec option bunker dans l'appart, on se sent à la fois très près et très loin de notre capitale.

Au boulot, certains de nos collègues s'assurent que nos proches vont bien, montrent leur support avec des photos de profil tricolores. Ma collègue me dit qu'elle comptait aller a Paris en 2016 mais compte peut-être annuler son voyage, non pas par peur des attentats, mais plutôt des amalgames : "Je ne sais pas si ce sera un bon moment, en tant que Musulmans, pour s'y rendre. Mon mari me dit que d'habitude on est déjà pas très bien vus mais alors là, ce serait pire". Je n'ose pas lui dire que, malheureusement, elle n’a peut-être pas tort.

Une semaine à se réveiller, à se dire que c'est bientôt le week-end et qu'il y a moyen de passer une bonne journée, et soudainement se rappeler ce qu'il s'est passé, comme un nuage gris qui sortirait de nul part ausculter le soleil. 

Une semaine à scruter les infos le matin, qui ne sont plus si fraiches avec leurs 6 heures de décalage, ce qui paraît énorme au rythme ou vont les choses.. Une semaine à observer mon Facebook se couvrir de bleu blanc et rouge, à voir toujours les mêmes mots défiler - ISIS, Paris, attaques, Syrie, Bataclan, morts. Une semaine à allumer une petite bougie le soir à ma fenêtre, à défaut d'aller avec les autres Français a l'Ambassade car cette fois c'est juste trop dur. Une semaine à me sentir plus Française que jamais, même si je ne m’étais jamais considérée comme particulièrement patriote auparavant. Une semaine à m'agacer des "#prayforparis" ; à quoi ca sert de prier, surtout quand le mal est déjà fait ? 

Et puis un jour, voir des photos de profil qui se recolorent, des actualités autres que Paris passer, me surprendre a rigoler de Jawad "l'Air B&B de Daesh", et me rendre compte que se morfondre ne sert à rien - si ce n'est faire plaisir aux terroristes.

Me rappeler de mon bout de vie à Paris, ville que je détestais au début, puis y habiter quelques mois m'a fait radicalement changer d'avis. Les pique-niques sur l'Ile Saint Louis, les histoires de ma grand-mère qui y habite depuis si longtemps, les ballades au Parc Monceau entre copines ou au Jardin des Plantes en famille, le shopping aux Halles, la vue sur la tour Eiffel depuis la ligne 6, les fous, les remontées de la Seine en traversant chaque pont un par un, les beaux bâtiments Haussmanniens quand on leve la tète, les pigeons aux pattes de lépreux, les marches de quartier, les peintres de Montmartre, les Badoit a 5 euros en terrasse, les dragueurs lourds du métro, les bars des Grands Boulevards, les chauffeurs de taxi bavards, les expos photos...

Bref, ils auront beau essayer, Paris restera la ville lumière.


PS : A l'heure ou je commence a écrire cet article, une prise d'otage est en cours a Bamako. Bien que particulièrement affectée par les attentats de Paris de par mes origines, je n'oublie pas tous les autres pays touchés par le terrorisme dans le monde... 

Sunday, 4 October 2015

3 jours aux Perhentians : Simili de paradis


Les Perhentians. Encore un endroit dont je n’avais jamais entendu parler il y a encore de cela 5 ans et qui, du jour au lendemain, s’est imposé sur ma to-do list asiatique.
Ca a commencé par cette photo de profil d’un copain, qui barbotait dans sa piscine. Enfin c’est ce que j’ai cru : il était en fait simplement posé dans le golfe de Thaïlande, et l’eau était simplement cristalline.
Faut savoir que depuis quelques années j’ai une obsession pour les eaux aussi limpides possible – allez comprendre. J’avais pas fait d’articles là-dessus mais Boracay aux Philippines et Koh Phi Phi avaient mis la barre assez haut...


Boracay, Philippines
Bamboo Island, Koh Phi Phi, Thailande
Bref, le week end dernier, on a ENFIN eu l’occasion d’aller aux Perhentians. C’est un week end qui se planifie, car ces deux iles malaysiennes sont accessibles soit à 3h d’avion de Singapour + 1h 30 de taxi + 30 minutes de ferry, avec escale à Kuala Lumpur, soit 12h de bus de Singapour + 30 minutes de taxi + 30 minutes de ferry, avec escale à Johor Bahru. Évidemment on a choisi l’option bus, plus sympa... Plus économique, aussi.
Alistair comprenait pas trop pourquoi ces deux iles minuscules au fin fond de la Malaisie figuraient sur mon top 5, une simple recherche Google images et il a compris – ca n’a pas été trop difficile de le convaincre.

Alors on commence le mercredi soir, à 18h01 je pars me changer dans les toilettes du bureau : exit le combo slim noir-chemise blanche, hello short en jean-sweat à capuche. Mes collègues qui savent ou je parte – il est possible que je leur en ait rabattu les oreilles – me regardent avec envie.
20h, notre bus est là. Déception : Lorsque d’habitude on prend un bus pour aller en Malaisie, c’est un bus royal, avec télé perso, fauteuils massant, plateau repas. Là, que nenni, nada. Ca me rappelle mes bus de ramassage scolaire, sauf qu’on a quand même une couverture polaire en plus. Bon bin c’est parti pour 12 heures hein…

12h plus tard sous une clim à 17 degrés et des quelques peurs liées aux non-facultés conductrices du chauffeur, nous nous faisons déposer à Jerteh, ou un mec nous attend pour nous amener à Kuala Besut prendre le ferry (faut suivre – et pour le coup Alistair me suit aveuglement).
30 minutes plus tard à Kuala Besut et un Fanta fraise en guise de petit-déjeuner, on est prêts à monter dans le ferry – qui est en fait un speed boat.
30 minutes plus tard, avec l'estomac décroché, on se fait déposer devant notre hôtel, qui donne sur une de plages de l’ile. Il faut savoir que les Perhentians sont  en fait 2 iles : la plus grande, Pulau Besar (la Grande Ile en Malais) (j’ai fait Malais LV4) est plus en mode familiale, la plus petite (Pulau Kecil) (la Petite Ile en Malais) (comment vous avez deviné ??) est plus en mode backpacker, fiesta, tout ca.






Vu qu’Alistair et moi sommes deux gros teufeurs, nous avons évidemment choisi Pulau Kecil.
A moins que ce soit parce que, ENCORE UNE FOIS, on s’y est pris beaucoup trop tard et qu’il ne restait plus que des chambres dans cet hôtel qui était note 7.1 sur Booking alors qu’en temps normal je ne prends rien en dessous de 8/10 mais bon ca m’apprendra a toujours tout faire a la dernière minute. Bref.

Finalement, notre hôtel s’avère pas mal du tout. Tout en bois, restau ouvert sur la plage, petite chambre (sans clim sans wifi mais c’est L’AVENTURE) avec vue sur la jungle.
Petite sieste de 2h30 puis on part traverser « la jungle » - pas mal de detritus qui trainent sur le chemin, quand même. On croise un varan, que je contourne précautionneusement, puis on arrive sur la « vraie » plage de Kecil, Long Beach. Une plage comme sur les cartes postales : sable blanc et fin, eau turquoise translucide. Oui, ça valait bien les 12h de bus. On s’installe sous un parasol et on bulle/sieste/barbote jusqu’à ce que nos estomacs grondent. On part dans l’un des nombreux bouibouis de la plage pour y manger les premiers rôti prata d’une longue liste - des sortes de crêpes très huileuses qu'on trempe dans une sauce au curry. Mais c'est végan donc ça doit être sain...






Après une éreintante journée (…) à 22h on est couchés. De gros teufeurs je vous dis. On trouve quand même la force de s’inscrire pour une journée snorkelling le lendemain, départ a 10h.

Le lendemain, deux pancakes et des jus d'ananas frais dans le bide, nous nous retrouvons juste avec 5 autres touristes dans un petit bateau à moteur. Le premier arrêt, si je me rappelle bien, s'appelle sobrement "Fish Point", et effectivement, ca grouille de poiscaille zébrée qui n'a pas l'air farouche.

Nous y restons une p’tite demi-heure, puis nous mettons le cap sur Turtle Point, ou nous verrons 2 immenses tortues. Le guide est clair : on ne les touche pas, on ne les course pas : on observe et c'est tout. Je crois que c'est la première fois que je vois des tortues d'aussi près. C'est vraiment un animal pépère. Je ne voudrais pas dire de bêtises mais il me semble que c'est une espèce protégée dans cet atoll.







Au déjeuner, nous nous arrêtons sur une partie de l'ile où vivent les pêcheurs. Le repas de ce midi se constituera encore une fois de pratas - au moment ou je vous écris, tous ces pratas se rappellent encore a mon bon souvenir sous forme de petits boutons joliment eparpillés sur mon délicat visage.

Il nous reste 3 arrêts : Sharkpoint, Lightouse Point et Romantic Beach.

Sharkpoint. Donc on va aller snorkeller au milieu de requins, donc ? "Oui". Mais ce n’est pas euh, dangereux? "Non, c'est des requins végétariens", me dit le guide. Ah bah ca va alors.
On y va, on ne fait pas les malins. Je m'accroche à toi, je dis a Alistair, comme ca si je meurs tu meurs avec moi - j'ai le sens du romantisme. Le guide nous a prévenu que nous n'en verrions pas forcement, ce qui en fait me rassure un peu.

On snorkel sans rien voir de spécial pendant dix bonnes minutes, et soudain, ils sont là. 3 jeunes requins en train de faire leur vie, tranquilles, qui se soucient guère de nous. Ils doivent faire deux mètres de long, et ils ont un bel aileron noir, blanc et gris. Nous en voyons deux de plus, dont un qui course deux petits poissons jaunes devant lui. Ils ne sont qu'a 5 mètres de nous, et au final, c'est plutôt une rencontre tranquille. Je m'attendais aux Dents de la Mer mais au final c'est plutôt Nemo cette expérience.

On continue ensuite avec Lighthouse point, un autre spot de snorkelling au pied d'un petit phare avec encore tout plein de petits poissons rayes, des jaunes, des rouges, une raie, des coraux et même une sorte d'oursin bleu sans piquants. Je ne suis pas calée en biologie marine, vous savez.

Enfin, le dernier "spot" ; Romantic Beach, une toute petite plage au sable blanc et à l'eau turquoise, et des "rideaux" de coquillages installes par les visiteurs ou un Robinson Crusoé. Ca pourrait-être parfait si on était pas 12 et si le guide ne nous avait pas ramené dans un petit seau un scorpion-papillon marin qu'il a péché. C'est très moche et très venimeux. Et ca se cache dans le sable. Finalement, on est bien dans le bateau hein... Mais c'est mon plus beau snorkelling. Limite ca me donne envie de me mettre a la plongée, bien que ca m'ait toujours un peu fait peur. Et puis c'est aussi cette expérience qui m'a rendue 100% végétarienne. Fini le poisson, c'est trop mignon...







Retour vers 17h a l'hôtel, on se remet de nos émotions avant d'aller rejoindre un couple d'amis qui eux passent leur week end sur la Grande Ile - ouh les vieux ! On voit alors le cote plus festif de l'ile, et on se voit contraint de changer de bar parce que la musique est trop forte dans celui que l'on a choisi, on s'entend même plus discuter quoi - ouh les vieux. Ils ont "réservé" un "bateau taxi" qui repasse les prendre à 23h30 sous une pluie battante.

Le lendemain, notre speed boat vient nous chercher à 16h. Nous décidons donc de barboter jusque 14h, heure a laquelle se fait le check out, puis de buller au resto jusqu'a ce que nous voyions le speed boat arriver a l'horizon. Nous passons prendre une petite famille française sur le retour. Le speed boat fonce, les deux gamins n'ont pas l'air rassurés, le petit Antonin semble sur le point de rendre son gouter. Nous arrivons une demie heure plus tard a Kuala Besut, ou nous prenons un van pour remonter sur Kota Bahru, à 1h30 de route, ou nous reprendrons le bus pour Singapour... Il pleut des cordes, on se prend un orage tropical, je n'ai pas l'impression qu'on avance vraiment ? Vers 23h, lors d'un énième arrêt  pour prendre de nouveaux passagers, je demande a la fille qui s'installe devant nous : Mais on était ou, la ? "Kuala Besut Jetty", qu'elle me répond.

Ah ! Donc en fait on a fait un petit détour de 5h. Ok.

Arrivée à Singapour dix heures plus tard, complètement crevés, encore avec du sable entre les orteils et de quoi narguer Instagram...