Monday, 29 December 2014

Alors, quand est-ce que tu rentres ?

Sous-entendu : Quand est-ce que tu rentres en France, pour de bon, définitivement, sans retour, billet aller-simple pour Paris, non échangeable, non remboursable.


On me la pose souvent, cette question. Lors de mes premiers mois a Hong-Kong, quand je savais pas que j’allais y rester si longtemps, je connaissais la réponse : L’été prochain. Puis c’est devenu « Noel prochain ». Puis, l’ »an prochain ». Puis je me suis décidée a reconnaitre que j’avais pas décidée, parce que je m’y plaisais trop pour envisager rentrer. Et puis la suite, vous la connaissez : je suis partie encore plus loin, genre plus loin de la France il n’y a pas, et puis je suis revenue en Asie.

A noter : plusieurs lapsus ou je me suis surprise a dire « je rentre en Asie » plutôt que « je retourne en Asie », comme si c’était chez moi.

Et bref, 4 ans et 8 mois plus tard, je ne sais toujours pas quand est ce que je compte rentrer. Même si je me la pose souvent cette question, notamment quand j’apprends qu’un ami expat rentre après plusieurs pays. Ca me surprend toujours. Un peu comme si on disait "non merci, je préfère mes haricots verts" a quelqu’un qui te propose une pizza quatre fromages - vous saisissez l’idée.

Bref, déjà, est ce que je compte rentrer un jour ? Pas sur, car je me verrai bien passer ma vie a bouger, 5 ans ici, 5 ans la, avec ma petite famille.

Lors d’un déj networking (genre !!), j’ai rencontre  une businesswoman, 40 ans max, qui venait d’atterrir a Singapour après avoir passe 3 ans a Londres, 3 a Amsterdam, 5 a New York et 3 au Pérou. Elle me vendait du rêve.

Mais autant je pense que c’est enrichissant pour des mioches, autant j’ai rencontre plusieurs personnes qui ne savent pas « qui elles sont » : Nées de parents de nationalités différentes, elles habitent dans un tierce pays, sont au moins trilingues,  et ca a l’air d’être un peu perturbant. Comme ce mec rencontre a Hong-Kong : mère irlandaise, père sud-africain, passeport anglais, a habite toute sa vie en Chine. Et quand je lui ai demande : mais t’es quoi ? (sous-entendu : nationalité), il me répond : « Je suis juste un œuf. Blanc a l’extérieur, jaune à l’intérieur, et tout a fait délicieux. » Vous voyez, quoi.

De toutes façons, c’est bien beau de rêver, mais visiblement celui avec qui je partage ma vie ne partage pas pour autant ma vision des choses. Pour lui, hors de question de passer encore 5 ans loin de l’Angleterre. Comprendre : hors de question de passer encore 5 ans loin de Moman. Après Singapour, on prend nos manteaux et on rentre à la maison. Point. Et même si je lui propose, l’air de rien, de tenter New York -rien que ca - qui n’est QUE A 6h d’avion, il n’est vraiment pas convaincu.

Bon, c’est pas grave : juste une autre mésentente à ajouter à notre liste. Ceci dit, il me console : « Je suis sûr qu’on trouvera un compromis. Regarde. Tu voulais un chat. Moi c’était hors de question. Un an plus tard, on en a eu 7 au total– dont un qui s’essuie les fesses sur notre tapis de salle de bain. »

En dehors de mes futurs potentiels enfants ou de mon futur potentiel mari, c’est aussi mes existants actuels parents qui semblent aussi se dire qu’il est peut-être temps que je rentre. Quand j’aurais des petits-enfants, j’aimerai bien les voir, a dit ma mère un jour, l’air de rien. Vous comptez pas aller encore plus loin que Singapour, après, hein ? m’a dit mon père – qui n'a pas du trop kiffer les 30 heures du Paris-Christchurch. Et ma grand-mère de renchérir : "T’es encore en Chine ! Quand est ce que tu reviens?"

Et accessoirement, mes beaux-parents, légèrement moins subtils que les miens : «Alistair, ta sœur déprime sans toi, mon chaton » ou « On a hâte de venir vous voir à Singapour. Ca va être 3 semaines géniales -oui, TROIS SEMAINES-, on sera enfin a nouveau réunis, comme nous devrions l’être, toujours, tout le temps ».

J’avoue que mes parents sont encore moins gâtés que les siens : l’ainée a Singap, le cadet au Vietnam et la benjamine en Italie, meme plus de chat a la maison, je ne suis pas sure quand sera la prochaine fois qu’on réussira a se réunir tous les 5.

Mais en dehors de la famille, je dois avouer que je ne suis pas une super-patriote. L’idée de participer au très select cocktail du 14 Juillet à l’Ambassade de France ne m’émoustille pas du tout, je ne me sens pas particulièrement émue quand j'entends la Marseillaise, j'ai regardé aucun match de la coupe du Monde, je ne saurais pas distinguer un cube La Villageoise d'un cabernet sauvignon, je ne suis pas sure de savoir qui est actuellement le Premier Ministre, je préfère un bon green curry a un boeuf bourguignon.

Je suis donc moyennement enchantée à l’idée d’abandonner mes contrées exotiques pour retrouver ma douce France. Ma douce France et ses 10% de chômage, sa joie de vivre légendaire, ses messieurs qui te touchent les fesses dans le métro et son administration archaïque (han ! c’est pas moi qui le dis).  Ok ok, ce ne sont que des détails. Je dis ca mais y’a plein de cotés positifs a la France. J’en avais déjà parle la.

Déjà, des superbes paysages. Si. Avec une copine de fac passée me voir a Singap, on s’est surprises a parler amoureusement des grandes étendues picardes – jamais je n’aurais pense que ce jour arriverait. Et puis, une véritable liberté d’expression. Pas sure que Mr Tony Tan se laisserait surnommer Flamby sans rien dire. La possibilité de vraies vacances (hello, j’ai 15 jours de vacances, ca va et vous ?), d’une vraie retraite (enfin, encore faut-il que je commence a cotiser), et surtout, surtout, si j'étais en France, je n’aurais pas cette impression de passer a cote de tant de choses. Les 18 ans de la petite sœur, les naissances, tous les mariages des copines – j’en ai raté tellement que je pense sincèrement que personne ne voudra venir au mien…

Mais malgré tout ca, j’ai encore envie de voir ce qui m’attend, loin de France. La prochaine destination ? Je sais pas. J’aimerais bien les US, le Canada, l’Afrique du Sud, la Thaïlande, l’Argentine, jsuis pas difficile, m’voyez.

Et bon, éventuellement, finir par l’Angleterre, histoire de se rapprocher de la France - de toutes façons, j’imagine que d’ici la, Monsieur ne saura toujours pas parler français mise a part "tous les dimanches je joue au football avec mon copain", donc ca va compliquer la tache.

Bref, tout ca pour dire : je ne sais pas quand je rentre en France. Je crois que je fais partie de ces gens relous qui, plus en ont, plus en veulent. Jamais rassasies, toujours envie d’aller voir ailleurs si ils y sont. Et quand je reviendrai pour les vacances, l’été prochain, je ne saurais toujours pas quand est-ce que je rentrerai. Mais vous, quand est-ce que vous venez ?

9 comments:

  1. je me reconnais tellement dans ton article... bon, je suis nettement moins loin que toi, la côte Est du Canada, ça se fait bien, seulement 1 escale, c'est pas la mort. J'ai toujours dans un coin de ma tête l'envie de rentrer un jour en France, la seule raison de ce retour serait la famille, et comme tu le dis, l'impression de rater plein de trucs (les mariages, les naissances... et puis les parents qui vieillissent et cette crainte de rentrer quand il sera trop tard). J'ai failli acheter mon billet "aller simple" l'année dernière, et puis au dernier moment, j'ai juste déménagé dans une autre province du Canada. Je crois que je suis pas prête, pas encore... Mais en même temps, est-ce que je serai prête un jour?

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  2. En partant de Singapour pour les US, on s'était dit que c'était (hors coup de cœur de fou) seulement pour 3 ou 4 ans avant de rentrer... en Europe (non la France n'est pas envisagée comme une option pour le moment). Après à peine 3 mois, on ne se voit pas franchement repasser outre-Atlantique pour le moment sauf si on y est contraint et forcé. Le coup de cœur est là, le rêve se réalise. Mais la question arrive quand même de temps en temps de France... on reste vague, on sait maintenant que l'on fait partie du clan des expat' épanouis et souvent... incompris. Profitons au maximum de toutes les découvertes et rencontres qui s'offrent à nous, tant qu'on le veut, tant qu'on le peut! :)

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  3. Ici, on aime voyager avec nos petits et clairement si on en avait la possibilité on poserait nos bagages autre part qu'en France. Je te comprend et clairement je te dis ne rentre pas, pas tout de suite, peut être dans 10 ans ^^

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  4. Je vis au Gabon, après avoir fait l'allemagne et l'espagne. Je suis hirs de france depuis 6 ans et de mon cote, je ne vois pas plus la famille que je ois en Afrique ou Europe. Mes parents ne bougent pas et. Je ne ferais pas d'effort non plus. Je suis tres famille à la base mais plus ca va, plus j'agrandit ma famille, plus je me dis que j'ai eu raison de faire ma vie et m'eloigner un peu d'eux.

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  5. On fait partie du même moule, celui des globe trotter! J'ai vécu aux US, en Angleterre et je pars bientôt m'installer à Dubaï, tout ça à même pas 25 ans.
    J'ai la chance d'avoir une famille qui me soutient et me pousse à aller vivre ou le vent me mène.
    Je suis comme toi, rentrer en France ne m’effleure pas du tout l'esprit et je n'en ai pas du tout la moindre envie...

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  6. Oh comme je me reconnais dans ton article.... Et en plus maintenant je suis célibataire donc je peux aller où je veux quand je veux!!
    Là le plan c'est d'essayer de rester enseigner en Asie du Sud-Est parce que j'ai presque plus de sous :/

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  7. Je suis comme toi, mais moins loin! Je suis expat en Angleterre depuis 3 ans apres de multiples et voyages et je crois qu'en fait, j'ai trouvé mon chez moi. Ce n'est pas la France, mais j'y suis bien, et je m'y sens comme à la maison :)

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  8. Salut toi!
    A te lire, une chose est sûre en tout cas: la langue française, tu la manies à merveille!
    Et sinon, quand est-ce que tu reviens, sur le blog je veux dire?
    Bisous bella

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