Sunday, 18 June 2017

Un truc de filles...

Bon. Autant dire que j'ai hésité à l'écrire longtemps, cet article. Déjà parce que je suis quand même un peu pudique sur le sujet, parce que c'est un peu tabou aussi, et aussi parce que bon, j'ai de la famille qui me lit, et même mon instituteur de CM2 à ce qu'il parait.

Et je sais pas vous les filles, mais j'ai pas trop envie de parler de mes gnognotes avec ma famille - et vice versa j'imagine.

Parce que oui, on va parler de règles, menstruations, ragnagnas, ragnoufs, tomates, gnognotes, ours, coquelicots, lunes, rivière rouge, trucs de filles, histoires, d'anglais qui ont débarqué (ha!ha!). 



Donc âmes sensibles et famille s'abstenir, on arrête tout, maintenant, tout de suite.

Bon, pour ceux qui sont toujours là, comment on attaque ce truc ?

Justement, dans mon cas, elles ont attaqué tard. Genre, j'étais la dernière du collège à les avoir, limite la bête de foire, non mais la HONTE quoi. Mais je me suis bien rattrapée : la première fois qu'elles ont débarqué, elles ont duré 13 jours et j'étais juste au bout de ma vie. J'avais déjà hâte de les avoir environ encore 480 fois avant la ménopause, o douce ménopause.

La hantise quand j'étais au collège, comme toutes mes copines, c'était d'avoir des taches de sang sur le pantalon, ou pire, le gore du gore, tacher une chaise. Il y avait une chaise tachée dans notre classe en physique chimie, on a jamais su qui avait fait ca, mais toutes les semaines on revenait dans cette salle et elle était là, cette chaise, visiblement épongée à la va vite avec des mouchoirs, jamais vraiment nettoyée, jamais personne ne s'asseyait dessus, quinze ans après je me rappelle encore de cette chaise.

Avec les années, j'ai appris à les apprivoiser, et une fois que tu comprends que, si tu t’organises bien, ce sera pas Moise et la mer Rouge dans ton slip, ca va mieux.

Par contre, je me dois de vous parler des à cotes.

Déjà, la douleur, un truc que jamais les mecs comprendront - de manière générale, je crois qu'ils y comprennent pas grand chose, donc si il y en a toujours qui me lisent, vous pouvez continuer, au nom de l’éducation.

Bref,  encore la semaine dernière, j'étais encore debout à 23h, à faire bouillir mon eau pour la mettre dans la gourde pour ensuite me l’appliquer sur le ventre en espérant que ca atténue un peu cette sensation de boyaux qui se tordent. En fait, ce n’est pas une douleur vive mais juste toujours présente, qui reste avec toi toute la journée, quoi que tu fasses, les deux premiers jours. Il est arrive que ca fasse tellement mal que je m'en évanouisse. La dernière fois, c'était en pleine nuit alors que j'étais sur le trône et je m'en étais même cassé une dent, vous vous rappelez ? Haha, on avait bien rigolé. 

Bref, après des années de souffrance - et pourtant, je n'ai même pas d'endométriose- un docteur a enfin trouvé le bon truc à me donner, et ce médicament me suit partout. Voila déjà un point de réglé (ha ! ha! ha!)

Passons au suivant : les annonces. Si t'es pas réglée (ha! ha… bon ok j’arrête) comme une horloge, quelques subtils changements sauront te mettre en alerte : dans mon cas, c'est que je me mets a bouffer comme un petit porcelet, tout y passe, pizza, pâtes, chips, pizza aux chips, glaces.



Donc grosso modo, si je résume ma life, sur un mois, je passe à peu près 3 semaines à essayer d'éliminer ce dont je me suis bâfrée pendant la semaine restante.

Y'a aussi le fait que je bourgeonne comme si je me prenais pour un cerisier au printemps, toujours un ou deux boutons bien placés ; "coucou, je suis là!", tellement visibles que mes collègues doivent avoir compris le truc "ah tiens, son bouton au menton est revenu, elle doit avoir ses trucs". Merci quoi.

Et puis aussi et surtout, les sautes d'humeur. Personnellement, Je deviens super émotive. Je verse ma petite larme devant des pubs (les pubs thaï sont les pires pour ca), j'envisage démissionner si ma boss me dit pas bonjour, voir abandonner le chat s’il décide de dormir ailleurs qu’à mes pieds, bref, les hémoglobines dans le slip, c’est aussi le moral dans les chaussettes.



Je deviens un peu plus acariâtre, aussi - et big up pour les c*nnards qui, quand une fille se permet un mot plus haut que l'autre, c’est qu’"elle doit avoir ses règles" - car incroyable mais vrai, se vider de son sang, être fatiguée, avoir mal au ventre, au dos, avoir les hormones qui jouent aux auto-tamponneuse, défoncer ses jolies culottes et claquer dix boules tous les mois pendant 40 ans en « protections sanitaires », ca peut être un peu agaçant.

Oh oui tiens, on en parle de nos "protections " ? On a le choix entre des tampons blanchis à l'Ajax, des serviettes qui t'épilent quand tu fais un faux pas, ou, pas plus réjouissant mais quand même plus écolos, les serviettes lavables (même principe mais tu les passe en machine après), ou les cups, ces espaces d'entonnoir ou apparemment il faut prier pour pas que ca reste coincé/se renverse sur toi. Sinon tu peux aussi prendre la pilule H24 mais perso me la jouer poulet(te) surdosée aux hormones non merci.



Enfin je me plains, mais franchement, il y a pire. Je pense à celles qui ont l'endométriose sans rien pour s'en soulager, à celles qui, dans certaines régions du monde sont mises à l’écart telles des parias, et de manière générale je pense aux 500 millions de femmes dans le monde qui n'ont pas les moyens matériels et financier de gérer dignement leurs "trucs de filles", et en 2017 franchement, ca craint.

Bon allez, la semaine prochaine je vous parle de crotte de nez, une autre fonction corporelle naturelle et pourtant taboue ! Non je rigole.

Plus sur ce beau sujet : 
Courrier International (intégralité seulement pour les abonnes)
Newsweek (en anglais)

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